Pourquoi t’es-tu orientée vers des études d’ingénieure industrielle, Anne-Françoise ? Je me suis orientée vers des études d’ingénieure industrielle parce que j’étais attirée par les sciences appliquées et par la volonté de comprendre concrètement comment les choses fonctionnent. J’appréciais particulièrement les disciplines qui combinent réflexion, analyse et mise en pratique. Les études d’ingénieure offraient cette approche très complète, permettant d’aborder aussi bien les aspects techniques que l’organisation, la gestion de projets et la résolution de problèmes.J’étais également motivée par la diversité des débouchés qu’offre cette formation. Elle ouvre de nombreuses portes et permet d’évoluer dans des secteurs très différents. Avec le recul, ce choix a été déterminant, car il m’a donné les bases scientifiques, techniques et humaines qui me servent encore aujourd’hui dans mes fonctions de direction au sein de la Brasserie et de la Fromagerie d’Orval. Pourquoi avoir choisi la HELdB ? J'hésitais à l'époque entre la biologie et la chimie. L'Institut Meurice (école d'ingénieurs à la HELdB) proposait une formation d'ingénieure industrielle en biochimie qui associait ces deux disciplines et répondait parfaitement à mes centres d'intérêt. Quels sont les points forts de notre formation, Anne-Françoise ? J'ai été séduite par l'approche très concrète de l'enseignement. La formation combinait une solide base théorique avec de nombreux travaux pratiques en laboratoire, ce qui permettait de comprendre les concepts scientifiques tout en les appliquant directement sur le terrain. Cette complémentarité entre théorie et pratique a largement contribué à mon choix et constitue, à mes yeux, l'un des grands atouts de l'école. Quel est ton parcours en tant qu'ingénieure industrielle depuis l’obtention de ton diplôme en 1991 ? Diplômée ingénieur brasseur en 1991 de l’institut Meurice, j’ai commencé ma carrière à la brasserie d’Orval en 1992 comme adjointe du directeur technique. J’ai eu l’occasion de prendre part aux nombreux changements technologiques et organisationnels. J’étais responsable qualité et production jusqu’en 2013. En 2002, la brasserie a repris l’activité de la fromagerie, il a fallu se former au métier de fromager. Bien que le métier soit différent de celui de brasseur, les solides bases en génie biochimique, microbiologie et sciences appliquées m’ont aidé assimiler facilement la technologie fromagère. Depuis 2013, je suis directrice de production. Actuellement Anne-Françoise, quel est ton quotidien d’ingénieure industrielle ? Mon quotidien est très varié et combine à la fois des aspects techniques, humains et stratégiques.Je supervise les activités de production, veille à la qualité des produits, accompagne les équipes et participe aux décisions qui concernent le développement de l'entreprise. Chaque journée est différente : il peut s'agir d'optimiser un procédé de fabrication, de gérer un projet d'investissement, de répondre à une problématique technique, de préparer un audit ou encore d'échanger avec des fournisseurs et partenaires.Ce qui me passionne particulièrement, c'est de pouvoir relier la science et la technique à un produit vivant et emblématique comme la bière ou le fromage d'Orval, tout en préservant un savoir-faire unique. J'apprécie également la dimension humaine de mon métier, qui consiste à faire grandir les équipes et à accompagner le changement dans un environnement en constante évolution. Quels sont tes centres d’intérêt dans le domaine brassicole, Anne-Françoise ? Ce qui me passionne dans le domaine brassicole, c'est la rencontre entre la science, la tradition et l'innovation. La bière est un produit vivant dont la qualité dépend d'une multitude de paramètres biologiques, chimiques et techniques. Comprendre ces mécanismes et les maîtriser au quotidien reste une source permanente de motivation.Je m'intéresse tout particulièrement aux procédés de fermentation, à la sélection et à la valorisation des matières premières, ainsi qu'à l'amélioration continue de la qualité des produits. Je suis également fascinée par la manière dont un savoir-faire ancestral peut s'adapter aux nouveaux défis du secteur, qu'il s'agisse de durabilité, d'efficacité énergétique ou d'évolution des attentes des consommateurs.Enfin, au-delà des aspects techniques, j'apprécie la dimension humaine du métier : le travail en équipe, la transmission des connaissances et la préservation d'un patrimoine brassicole unique tout en le préparant aux exigences de demain. Quels sont les (nouveaux) défis que doivent relever les professionnels de la filière brassicole ? Le secteur brassicole fait aujourd'hui face à plusieurs défis majeurs. Le premier est sans doute celui de la durabilité. Les brasseries doivent réduire leur consommation d'eau et d'énergie, diminuer leur empreinte carbone et optimiser la gestion de leurs emballages, tout en maintenant un niveau de qualité irréprochable.Un autre défi important concerne l'évolution des attentes des consommateurs. Ceux-ci sont de plus en plus attentifs à l'origine des matières premières, à l'authenticité des produits, à leur impact environnemental et à leurs qualités nutritionnelles. Les professionnels doivent donc être capables d'innover tout en restant fidèles à l'identité de leurs marques.Par ailleurs, le contexte économique actuel impose une grande capacité d'adaptation face à la hausse des coûts des matières premières, de l'énergie et de la logistique.Enfin, je pense que l'un des enjeux les plus importants reste l'humain : attirer, former et fidéliser des collaborateurs qualifiés, transmettre les savoir-faire et maintenir l'engagement des équipes dans un environnement en constante évolution. Ton métier en 5 mots-clés, Anne-Françoise : Passion • Qualité • Innovation • Durabilité • Responsabilité Anne-Françoise - Directrice de production de la Brasserie d’Orval